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Italie : « Il y a encore de belles perspectives pour le secteur immobilier » – Avec G.B Baccarini (Président FIAIP)

La FIAIP (Federazione Italiana Agenti Immobiliari Professionali) est le principal syndicat italien des professionnels de l’immobilier. Il compte 10.106 agents immobiliers, 500 conseils en crédit et 15.200 agences immobilières. Son Président, Gian Battista Baccarini, vient d’être réélu pour un second mandat avec plus de 90% de votes en sa faveur. Les actions concrètes et pragmatiques qu’il a pu mener pendant son premier mandat ont en effet séduit les adhérents de cette fédération professionnelle.

Nous avons interrogé Gian Battista Baccarini lors de notre passage à Bologne. Ecoutez l’entretien en cliquant ci-dessous.


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Entretien avec Gian Battista Baccarini (Président FIAIP)

Ondes de l’Immo : Comment le marché de l’immobilier en Italie se porte-t-il depuis la fin de la pandémie ?

Gian Battista Baccarini : Le marché de l’immobilier après la pandémie a très bien réagi. En 2021, nous avons enregistré 750 000 ventes, ce qui correspond à + 34% par rapport à 2020 et +24% par rapport à 2019. Il en est de même pour les trois premiers mois de cette année 2022 avec +12,3%. L’augmentation est très positive aussi en valeur de marché avec +3% sur l’année 2021 par rapport à 2020, et surtout pour certains types de biens, notamment ceux qui offrent de grands espaces. (aussi bien à l’intérieur qu’en l’extérieur, avec des jardins ou des terrasses, parce qu’avec la pandémie, tous ont voulu redécouvrir des lieux de vie dans lesquels on peut vivre sans avoir la sensation d’être enfermé.

Ondes de l’Immo : Dans quelles régions est-il intéressant d’investir en Italie ?

Gian Battista Baccarini : Cela dépend, parce que toute l’Italie est belle. Finalement, cela dépend de la région, de la ville, de la zone et aussi de la typologie du bien (neuf, rénové ou en l’état). Cela dépend de tellement de critères car l’Italie est grande et variée. Et c’est pour cela que, selon nous, il est important de passer par un agent immobilier qui satisfera les exigences du touriste ou du citoyen qui souhaite acheter en Italie.

Ondes de l’Immo : Pour un français, quelle région recommanderiez-vous ?

Gian Battista Baccarini : Pour moi, la région qui ressemble le plus aux français, c’est la Toscane et l’emilie-Romagne. Je pense que ce sont deux régions qui correspondent le plus au mode de vie des français. Je pense qu’en France, vous avez aussi des distinctions fortes entre le Nord et le Sud. Mais pensons aussi à la distinction mer-montagne. Et puis, nous avons en Italie des régions entourées par la mer, notamment les Pouilles, la Sardaigne, la Sicile. De très belles régions.

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« En Italie, la question de la rénovation énergétique est particulièrement d’actualité. Il y a eu, ces trois dernières années, une politique incitative d’accompagnement du citoyen pour la rénovation énergétique des logements. (…) D’après nous, il faut maintenir cette politique d’accompagnement, contrairement à ce que fait l’Europe qui impose des mesures obligatoires et coercitives« 

— Gian Battista Baccarini, Président FIAIP

Ondes de l’Immo : Qu’en est-il de l’accès au crédit pour les italiens ?

Gian Battista Baccarini : Le financement par le crédit est encore conseillé mais la situation devient préoccupante car les taux d’intérêt sont en train d’augmenter. Les banques et les sociétés de crédit sont beaucoup plus regardantes à l’octroi de financements. Ceci d’autant plus que l’inflation est galopante et que la situation économique du citoyen se détériore en raison de l’augmentation des prix du carburant et de la vie courante. Retenons donc que dans le futur, on risque d’avoir plus de difficultés d’accès aux financements.

Ondes de l’Immo : Vous avez évoqué l’inflation. Pensez-vous que le marché de la transaction en Italie pourrait connaitre des difficultés ?

Gian Battista Baccarini : Oui, il existe une préoccupation légitime sur ce point. Retenons que le coût de la vie aura un impact sur le citoyen italien. Par contre, nous restons réellement optimistes parce qu’on a déjà vu que lorsque les gens ont peur (et la pandémie a suscité ce sentiment de crainte chez les gens, tout comme la guerre), ils se retranchent dans la valeur refuge par excellence qu’est la maison. Retenons donc qu’il y a encore de belles perspectives pour le secteur.

Ondes de l’Immo : Parlons maintenant du marché de la location. l’Italie connaît-elle, comme la France, une pénurie de logements ?

Gian Battista Baccarini : On commence à enregistrer une raréfaction de logements en location, surtout ceux en moyenne et longue durée. Ceci, contrairement à la location de courte durée qui a triplé au cours des cinq dernières années, et notamment dans les régions touristiques et les grandes villes. En revanche, en ce qui concerne le reste du marché (moyenne et longue durée), il y a bien une raréfaction des biens en location, surtout dans les villes universitaires et les grandes villes comme Milan, Bologne, Turin, Florence et Naples. Donc, à mon avis, le gouvernement devrait conduire une politique de réforme pour rendre la location classique beaucoup plus attractive, en s’inspirant de ce qui fait le succès de la location courte durée.

Ondes de l’Immo : Parlons maintenant de la rénovation énergétique. En France, les questions sur la rénovation énergétique sont sensibles. Est-ce qu’il repose sur les propriétaires italiens des obligations de rénovation énergétique et sont-ils accompagnés ?

Gian Battista Baccarini : En Italie, la question de la rénovation énergétique est particulièrement d’actualité. Il y a eu, ces trois dernières années, une politique incitative d’accompagnement du citoyen pour la rénovation énergétique des logements. Cette politique apporte de façon incontestable des améliorations de la qualité de vie et réduit l’impact environnemental tout en contribuant à un meilleur environnement urbain. Elle fait aussi baisser les factures d’énergie. Donc beaucoup de choses positives. D’après nous, il faut maintenir cette politique d’accompagnement, contrairement à ce que fait l’Europe qui impose des mesures obligatoires et coercitives. A mon avis, à l’image de nos super bonus à 110% qui impacte positivement le marché et simplifie les procédures, notamment l’accès au crédit, un super bonus européen permettrait d’obtenir des résultats beaucoup plus rapides et positif pour toute la collectivité, et surtout pour le marché immobilier qui, en Italie, est très important pour l’économie nationale.

Ondes de l’Immo : Vous êtes le Président d’un grand syndicat. Quels sont pour vous les sujets importants du moment ?

Gian Battista Baccarini : En Italie, le sujet le plus important c’est la fiscalité immobilière (qui est la plus élevée d’Europe). C’est, en effet, 51 milliards de charges fiscales sur l’immobilier, dont 31 milliards de charges patrimoniales. Donc rien qu’avec le fait d’être propriétaire d’une maison, vous avez des impôts très élevés à payer. Ces mois-ci, nous sommes actuellement en pleine discussion sur la réforme fiscale, or notre gouvernement vient de tomber. On parle actuellement d’une reforme du cadastre qui prévoit une revalorisation cadastrale : comprenez plus de taxes ! Pour moi, ce n’est pas possible ! Au contraire, il faut réviser la valeur cadastrale à la baisse, et donc opérer une modulation fiscale à la baisse, et surtout, engager une simplification de toutes les taxes immobilières. Tout propriétaire en Italie sait qu’il n’a pas que la taxe foncière à payer, mais une multitudes de taxes communales, régionales, nationales dont on ne maîtrise pas trop la finalité. Nous souhaitons donc une simplification de la charge fiscale immobilière.


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