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Taux d’usure et gel du marché du crédit ? Avec Olivier Lendrevie

Faisant le constat d’une forte recrudescence des demandes de crédit rejetées pour dépassement du taux d’usure, Olivier Lendrevie, Président de CAFPI, fait le point. Il suggère, entre autres possibilités, un changement de la méthode de calcul du taux d’usure. Dans un épisode très pédagogique, notre invité rappelle ce qu’est le taux d’usure. Puis comment il est calculé et comment peut s’expliquer le ralentissement du marché du crédit constaté.


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Taux d’usure : quand une réglementation censée protéger les emprunteurs se retourne contre eux

Nous observons depuis début avril une forte recrudescence des dossiers rejetés pour dépassement du taux d’usure. Celui-ci restera à son niveau historique le plus bas (2,40% pour les prêts à 20 ans ou plus) jusqu’à fin juin et, de par sa méthode de calcul, il faudra attendre début octobre avant qu’il ne commence à refléter la réalité de la résurgence d’inflation et le choc des taux longs qui en découle.
Rappelons que ce taux d’usure s’applique au taux du crédit majoré des frais de dossier et de prise de garantie ainsi que du coût de l’assurance-emprunteur dès lors que celle-ci est posée comme condition de l’obtention du crédit.
Dans de nombreux dossiers, ce mécanisme de plafonnement ne permet pas aux banques de répercuter la hausse de leurs propres coûts de refinancement, entraînant des refus de financement. Les premières victimes en sont les emprunteurs dont le coût d’assurance est plus élevé (plus de 40 ans et/ou en moins bonne santé) ainsi que les ménages à revenus modestes.
Emprunter à 2,40%, frais annexes et assurance inclus, n’est aucunement toxique dans un environnement où l’inflation dépasse 5%. Seule la réglementation empêche aujourd’hui l’offre et la demande de crédit de se rencontrer comme elles le devraient. Nous appelons de nos vœux une réforme urgente du mode de calcul du taux d’usure afin d’éviter un gel du marché du crédit dont les conséquences pourraient être graves. (Olivier Lendrevie, Edito, juin 2022)

Retrouvez également la météo des taux de CAFPI – 1er juin 2022

« Confrontée à une forte résurgence d’inflation (7,4% sur douze mois dans l’UE), Christine Lagarde a donné dans une note datée du 23 mai le signal d’un relèvement du taux de dépôt de la Banque Centrale Européenne à partir du mois de juillet, de façon à ce que son taux de dépôt repasse en territoire positif avant la fin de l’année, ce qui mettrait fin à l’expérimentation monétaire de taux directeurs négatifs engagée en 2014.

Sans surprise, les taux que nous parvenons à obtenir pour nos clients sont en forte hausse. En mai, ils ont pu emprunter en moyenne à 1,22% sur 15 ans contre 1,13% le mois dernier (+ 9 centièmes) ; 1,35% sur 20 ans contre 1,11% le mois dernier (+ 14 centièmes) et 1,51% sur 25 ans contre 1,30% (+ 12 centièmes) le mois dernier. Ainsi, depuis le début de l’année, les taux ont connu une hausse d’une quarantaine de centièmes sur toutes les durées.

Selon les taux affichés par nos partenaires bancaires, les meilleurs profils peuvent obtenir des taux qui restent encore très attractifs : 0,90% sur 15 ans contre 0,80% le mois dernier (+ 10 centièmes) ; 1,10% sur 20 ans contre 0,90% le mois dernier (+ 20 centièmes) et 1,25% sur 25 ans contre 1,13% le mois dernier (+ 12 centièmes).

Malgré ces hausses, il convient de rappeler que les taux de crédit restent nettement inférieurs à l’inflation, qui se monte à 5,4% sur 12 mois en France. Si l’inflation venait à s’installer durablement, comme le craignent de nombreux économistes, emprunter à des taux inférieurs à 2% pourrait rétrospectivement apparaître comme une aubaine. » (Olivier Lendrevie, Président CAFPI)

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