Les résultats du baromètre ARTIsanté 2025
Le baromètre ARTIsanté 2025 révèle des dirigeants toujours passionnés par leur métier, mais de plus en plus fragilisés par la charge de travail, le stress administratif et le manque de visibilité économique.
Le constat dressé par le 12e baromètre Artisanté BTP et paysage est sans appel. Réalisée par l’IRIS-ST en partenariat avec la CAPEB et la CNATP, cette enquête menée entre décembre 2025 et janvier 2026 auprès de 2 491 artisans met en lumière un secteur sous tension, où les dirigeants peinent à préserver leur équilibre personnel face à l’intensification des contraintes économiques et organisationnelles.
Regarder aussi
Un rythme de travail intense qui brouille la frontière entre vie privée et activité professionnelle
Le rythme de travail reste particulièrement soutenu dans les entreprises artisanales du bâtiment et du paysage. Près d’un artisan sur deux déclare travailler régulièrement le week-end, tandis que 63 % continuent à consulter leurs mails quotidiennement pendant leurs congés. Une hyperconnexion qui traduit moins un choix qu’une nécessité ressentie par de nombreux dirigeants, soucieux de ne pas perdre un chantier, de répondre rapidement aux clients ou d’éviter une surcharge de travail à leur retour.
Cette implication permanente dans l’activité professionnelle brouille progressivement la frontière entre vie privée et vie professionnelle. Désormais, 77 % des chefs d’entreprise considèrent que leur travail empiète sur leur vie personnelle. Le phénomène est d’autant plus marqué que l’entreprise artisanale demeure souvent une affaire familiale : dans plus d’une entreprise sur deux, un conjoint ou un proche participe directement à la gestion ou à l’activité quotidienne. Dès lors, les temps de repos deviennent rares et la déconnexion presque impossible.
Administratif, incertitude économique et responsabilités : les principales sources de stress des artisans
Cette pression continue s’inscrit dans un contexte économique jugé de plus en plus incertain par les artisans. L’optimisme recule cette année : seuls 38 % des répondants se disent confiants quant à l’avenir de leur entreprise, contre 41 % l’an dernier. À l’inverse, un tiers des dirigeants se déclarent pessimistes, tandis qu’une part importante affirme manquer totalement de visibilité sur les mois à venir. Les difficultés économiques, la baisse de la demande, l’augmentation des coûts et l’instabilité politique nourrissent ce climat d’inquiétude. Pour un quart des artisans interrogés, l’actualité politique de 2025 constitue même une source directe de stress.
Au quotidien, les chefs d’entreprise dénoncent également le poids croissant des tâches administratives. Pour plus d’un tiers des répondants, l’administratif représente désormais entre 26 % et 50 % du temps de travail. Cette charge augmente avec la taille de l’entreprise et devient un facteur majeur de tension psychologique. Beaucoup d’artisans estiment passer davantage de temps à gérer des obligations réglementaires, comptables ou juridiques qu’à exercer leur cœur de métier. Dans ce contexte, les besoins d’accompagnement concernent principalement les aspects juridiques, le développement commercial et la transition numérique.
Le sommeil constitue un autre signal d’alerte majeur. Près d’un artisan sur deux explique se réveiller la nuit avec des difficultés à se rendormir, tandis que 74 % reconnaissent que leurs problèmes de sommeil ont des conséquences directes sur leur activité professionnelle. Fatigue permanente, irritabilité, manque d’énergie ou difficultés de concentration affectent progressivement leur quotidien et augmentent les risques d’erreur ou d’accident.
Une fatigue physique et psychique durable malgré un fort attachement au métier
L’étude met surtout en évidence une fatigue physique et mentale qui semble désormais s’installer durablement dans la profession. Plus de la moitié des artisans déclarent ressentir une fatigue importante et 87 % considèrent leur activité comme mentalement exigeante. Les douleurs musculaires restent très fréquentes, mais les troubles émotionnels progressent également. Stress chronique, anxiété, difficultés de concentration ou perte de motivation apparaissent de plus en plus souvent dans les réponses recueillies.
L'attachement au métier perdure
Plus préoccupant encore, 43 % des dirigeants interrogés déclarent avoir connu au cours de l’année 2025 une difficulté psychique, qu’il s’agisse d’anxiété, d’épuisement professionnel ou de dépression. Si la parole semble se libérer progressivement, notamment auprès du conjoint ou du médecin, une partie importante des artisans continue malgré tout à garder ses difficultés pour elle, souvent par crainte d’inquiéter son entourage ou parce qu’elle considère qu’en parler ne servirait à rien.
Pour autant, malgré cette accumulation de contraintes et cette fatigue croissante, l’attachement au métier reste extrêmement fort. L’artisanat demeure avant tout un métier passion : 66 % des chefs d’entreprise se disent totalement épanouis dans leur profession et 58 % dans leur rôle de dirigeant. Une passion qui agit encore comme un moteur puissant, mais qui ne suffit plus toujours à compenser l’usure provoquée par des rythmes de travail de plus en plus intenses et un environnement économique devenu particulièrement anxiogène.
L’agent immobilier face à l’IA conversationnelle
Immobilier locatif et fiscalité : bien comprendre ses revenus


Le rendez-vous hebdomadaire du média digital et podcast Les Ondes de l'Immo pour une information immobilier et logement décryptée par les décideurs influents de l'immobilier.








