Et si le cinéma pouvait s'écouter ?
Avec A Film by, Jean-Baptiste Doulcet transforme ses sensations de spectateur en improvisations musicales. Un projet personnel qui mêle passion du cinéma et liberté de l'improvisation.
Comment traduire en musique ce qu'un film nous laisse une fois la séance terminée? C’est la question sur laquelle Jean Baptiste Doucet s’interroge avec “A Film by”. Le pianiste et improvisateur s'est inspiré de dix-huit films qui l'ont marqué, de David Lynch à Agnès Varda en passant par Ingmar Bergman ou Kenji Mizoguchi. Les films appartiennent à des époques, des genres et des pays très différents. En les réunissant dans un même album, Jean-Baptiste Doulcet partage une partie de sa cinéphilie et met en lumière des œuvres qui l'ont accompagné au fil des années, qu'elles soient célèbres ou plus discrètes. Il nous explique qu'il ne cherche pas à reproduire les images ni à composer des musiques de film. Son idée est plutôt de retrouver les sensations, les rythmes ou les émotions qui restent dans sa mémoire après la projection.
A l'écoute
Spontanéité
DU MOMENT
Au départ, le pianiste a essayé de travailler en gardant les films en tête, mais c’était une méthode qui ne lui convenait pas. Il a alors fait le processus à l'envers : il est parti de la musique, pour ensuite retrouver ce qui la reliait au film. L'improvisation occupe une place centrale dans cette démarche. L'album n’a été enregistré qu’en trois jours et les prises ont été conservées telles quelles. Le musicien a préféré garder la spontanéité du moment plutôt que de corriger chaque détail. Certaines imperfections y restent comme faisant partie de la musique. Pour citer ses mots, cela représente une “sorte de pureté”.
Entre littérature et cinéma, la musique
Le projet prend également une dimension littéraire grâce à la participation de Mathieu Amalric et Bertrand Mandico, deux personnalités importantes du cinéma français. Tous deux prêtent leur voix à des textes écrits par Jean-Baptiste Doulcet ou par Mandico lui-même. Ces textes n’ont pas pour but d’analyser les films ou d’en expliquer le sens; ils permettent plutôt de revenir sur certains moments marquants, de partager des impressions ou de mettre en lumière des éléments qui ont inspiré le projet. Leurs lectures ajoutent une dimension supplémentaire aux œuvres musicales et permettent d’aborder les films sous un autre angle.

In fine
En faisant dialoguer improvisation, cinéma et littérature, Jean-Baptiste Doulcet signe un projet aussi intime qu'original. "A Film by" ne raconte pas les films dont il s'inspire : il en prolonge l'écho, transformant les émotions du spectateur en matière musicale.
Crédits photographiques : Photos prises lors du concert donné à la Salle Cortot le 29 mai 2026 (c)Maria Zaichikova


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