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Forum Bois Construction 2026
Un nouvel épisode enregistré au cœur du Forum Bois Construction 2026 qui s’est tenu à Paris au Grand Palais. Ici, nous intéressons à une transformation profonde du secteur du bâtiment : l’industrialisation des modes constructifs et le rôle croissant du hors site dans l’intégration des matériaux biosourcés.
Longtemps considérés comme des alternatives, parfois expérimentales, ces matériaux changent de statut. Ils deviennent peu à peu des composants structurants d’une nouvelle manière de construire — plus industrielle, plus maîtrisée, mais aussi plus durable.
Pour faire un point sur la question, nous avons reçu Céline Beaujolin, Déléguée Générale de l’Association Filière Hors-Site France, qui œuvre à structurer et accélérer cette mutation.
L'interview
Des enjeux
FORTS
“La généralisation des matériaux biosourcés dans le bâtiment ne repose plus uniquement sur leur reconnaissance réglementaire ou environnementale. Elle dépend désormais de leur capacité à s’intégrer efficacement dans des systèmes constructifs industrialisés, compatibles avec les exigences de qualité, de performance, de délais et de reproductibilité du secteur. À ce titre, le hors site s’impose progressivement comme un outil structurant pour le déploiement opérationnel des matériaux biosourcés, bien au-delà du simple levier environnemental.”
ENTRETIENAVEC CÉLINE BEAUJOLIN
Le hors site comme moyen d’intégration des matériaux biosourcés dans la construction
On parle beaucoup aujourd’hui de matériaux biosourcés. En quoi le hors site change-t-il la donne pour leur développement ?
Le véritable changement, c’est qu’on passe d’une logique de matériau à une logique de système. Pendant longtemps, les matériaux biosourcés ont été utilisés de manière ponctuelle, presque expérimentale. Le hors site permet de les intégrer directement dans des éléments constructifs complets – des murs, des façades, des planchers – conçus et fabriqués en amont. Cela change complètement leur échelle de diffusion.
Pourquoi cette approche systémique est-elle si importante aujourd’hui ?
Parce que le secteur du bâtiment a besoin de fiabilité, de reproductibilité et de performance. Les matériaux biosourcés peuvent présenter des variations ou nécessiter un savoir-faire spécifique sur chantier. En passant par le hors site, on les intègre dans des processus industriels maîtrisés, ce qui permet de garantir leur qualité et leurs performances de manière beaucoup plus constante.
En quoi le hors site améliore-t-il la qualité technique de ces solutions ?
Le hors site permet de travailler dans un environnement contrôlé, avec une maîtrise fine de paramètres essentiels comme l’humidité, la densité ou les assemblages. Cela améliore la performance thermique, acoustique et la durabilité des ouvrages. C’est aussi un point clé pour rassurer les assureurs et les contrôleurs techniques, qui sont souvent plus prudents face à des mises en œuvre sur chantier moins standardisées.
Au-delà de la technique, quels sont les bénéfices environnementaux de cette combinaison hors site / biosourcé ?
Ils sont multiples. Il y a bien sûr le faible impact carbone des matériaux biosourcés eux-mêmes, mais aussi tous les effets liés au hors site : moins de déchets, une logistique optimisée, moins de reprises de chantier. Et surtout, cela permet de maximiser le stockage du carbone dans le bâtiment, avec une traçabilité beaucoup plus précise des quantités utilisées, ce qui est essentiel dans les analyses de cycle de vie.
Le hors site permet aussi de mieux sécuriser les délais. Est-ce un argument décisif ?
Oui, clairement. En déplaçant la complexité technique vers l’usine, on réduit fortement les aléas climatiques sur chantier, ce qui est particulièrement important pour certains matériaux biosourcés sensibles. Cela permet aussi d’anticiper davantage en phase conception, et donc de mieux intégrer ces matériaux dès le départ. C’est un facteur clé de réussite.
Quel impact cela a-t-il sur la structuration des filières ?
Le hors site joue un rôle fondamental. Il crée des débouchés industriels stables, ce qui encourage les investissements et la professionnalisation des acteurs, de l’amont agricole jusqu’à la transformation et l’assemblage. Cela contribue aussi à renforcer l’ancrage territorial, en limitant les transports et en valorisant des ressources locales.
Peut-on parler aujourd’hui d’une normalisation de ces solutions ?
On est clairement en train d’y arriver. Il reste des défis – notamment en termes d’investissement et d’adaptation des cadres normatifs – mais la dynamique est là. Le hors site permet de standardiser les systèmes, de garantir leur reproductibilité et de sécuriser les process. C’est ce qui transforme les matériaux biosourcés : ils ne sont plus des alternatives, mais des solutions pleinement compatibles avec les exigences du marché.
Finalement, est-ce qu’on assiste à un changement de paradigme dans la construction ?
Oui, sans aucun doute. Les matériaux biosourcés ne sont plus seulement une réponse environnementale. Ils deviennent des éléments stratégiques de l’industrialisation du bâtiment. Et dans un contexte de pression réglementaire et climatique, le hors site apparaît comme un levier décisif pour les inscrire durablement dans les pratiques constructives.
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