Alexis Pernoud leboncoin immo

Les agents immobiliers sont-ils réellement aussi mal perçus qu'ils le pensent ? Alexis Pernoud, leboncoin immo

Partenariat

Entretien avec Alexis Pernoud, leboncoin immo

Les agents immobiliers sont-ils vraiment aussi mal perçus qu'ils le pensent ? C'est la question que nous avons posée à Alexis Pernoud, chargé d'études marketing chez leboncoin immo. A partir d'une étude croisée menée auprès de professionnels de l'immobilier et de particuliers, il revient sur les écarts de perception qui persistent entre les deux publics. Image de la profession, confiance, honoraires, valeur ajoutée, transparence… autant de sujets qui interrogent les pratiques et les attentes des clients. 

Retrouvez son analyse dans notre podcast, puis découvrez ci-dessous les principaux enseignements de cette étude.

L'interview

AGENTS IMMOBILIERS

UN DÉFICIT D'IMAGE

Surtout dans leur propre perception ....

Une étude menée par leboncoin immo révèle un décalage inattendu entre le regard que portent les professionnels sur leur métier et celui des particuliers. Si la profession souffre encore de critiques, elle dispose d'un capital de confiance plus solide qu'elle ne l'imagine.

Les agents immobiliers sont-ils réellement aussi mal perçus qu'ils le pensent ? C'est la question à laquelle répond une étude croisée menée par leboncoin immo auprès de 300 professionnels de l'immobilier, membres du Cercle de l'Immo, et de 600 particuliers issus de la Bonne Communauté. Son principal enseignement tient dans un paradoxe : les professionnels sous-estiment largement l'image dont ils bénéficient auprès du grand public. Les particuliers ne rejettent pas la profession, mais attendent davantage de transparence, de pédagogie et de preuves concrètes de sa valeur ajoutée.

Alexis Pernoud leboncoin immo

En bref
PAR ALEXIS PERNOUD

"Le point le plus saillant, le plus intéressant, c'est la différence de perception de l'image des agents immobiliers. Ce que nous avons mesuré, c'est que les agents immobiliers ont une perception de leur image beaucoup plus négative qu'elle ne l'est réellement. Lorsqu'on les interroge, 64 % pensent que les Français ont une image négative de la profession. En réalité, c'est plutôt une bonne nouvelle : cette image négative ne concerne que 29 % des Français. L'écart est donc très important. Les Français ont plutôt une image neutre des agents immobiliers. Il faut retenir qu'il n'y a pas de rejet massif. En revanche, les Français restent prudents et s'interrogent : ils connaissent encore mal les agents immobiliers, ce qu'ils font et la manière dont ils peuvent les aider. Mais nous ne sommes pas face à un rejet de la profession ni à une perception globalement négative."

Une image moins dégradée qu'on ne le croit

Le premier enseignement de l'étude est le décalage entre la perception des professionnels et celle des particuliers. Alors que 64 % des agents immobiliers estiment que les Français ont une image négative de leur métier, seuls 29 % des particuliers partagent cette opinion. À l'inverse, 42 % des Français déclarent avoir une image neutre de la profession et 29 % une image positive. Ce décalage n'est d'ailleurs pas nouveau : il était déjà observé lors d'une précédente enquête.

Cette différence de perception se retrouve également sur la question de la confiance. Plus d'un particulier sur deux (55 %) considère les agents immobiliers comme dignes de confiance, tandis que seulement 27 % des professionnels pensent bénéficier de cette confiance. Pour les auteurs de l'étude, ce biais peut conduire les agents à adopter une posture défensive, alors même que les données montrent un public exigeant, parfois hésitant, mais loin d'être fermé à leur intervention.

Des compétences reconnues, mais une transparence encore insuffisante

L'étude montre que les particuliers reconnaissent plusieurs qualités aux agents immobiliers. Ils les considèrent avant tout comme de bons négociateurs (37 %), des professionnels (33 %) et des interlocuteurs disponibles et réactifs (31 %). Les professionnels identifient d'ailleurs correctement cette perception.

En revanche, deux dimensions restent particulièrement faibles : seuls 7 % des particuliers associent les agents à la transparence et 4 % à la pédagogie. Les professionnels en sont pleinement conscients puisqu'ils dressent pratiquement le même constat. Pour l'étude, l'enjeu n'est donc plus de découvrir cette faiblesse, mais de l'incarner davantage dans la relation client.

Les honoraires restent le principal point de crispation

Le sujet des honoraires demeure le principal facteur d'incompréhension entre les professionnels et les particuliers. Ainsi, 68 % des Français estiment que les honoraires d'agence sont plutôt peu ou pas du tout justifiés. Les agents immobiliers ont parfaitement identifié cette critique : 67 % considèrent que le niveau des honoraires fait partie des principaux reproches adressés à leur profession et 62 % déclarent y être confrontés régulièrement.

Mais l'étude montre aussi que le sujet ne se limite pas au montant des honoraires. Les particuliers dénoncent également un discours jugé trop commercial (59 %), un manque de transparence (34 %) ainsi qu'une pression à la décision (33 %). Sur ce dernier point, les professionnels sous-estiment largement le ressenti de leurs clients, puisque seuls 14 % pensent que cette critique est fréquente. Est souligné ainsi que ce qui est perçu par les agents comme de la réactivité ou de l'efficacité commerciale peut être vécu par les particuliers comme une pression.

La sécurisation de la transaction, un terrain de réconciliation

Malgré ces critiques, un point rassemble clairement particuliers et professionnels : la sécurisation de la transaction. Pour 61 % des particuliers, il s'agit de la première raison de recourir à une agence immobilière, devant la volonté d'éviter les erreurs ou les mauvaises surprises (47 %). Les professionnels partagent cette vision puisque 53 % considèrent que la sécurisation constitue leur principale valeur ajoutée.

L'étude rappelle toutefois que les agents ont le sentiment que leur travail reste largement invisible. Ils estiment notamment que le temps consacré à la préparation d'une vente, au suivi administratif, à la coordination avec les notaires, diagnostiqueurs ou établissements bancaires, ainsi qu'à la gestion des imprévus, est insuffisamment reconnu. Pour autant, ces missions ne suffisent pas encore, aux yeux des particuliers, à justifier spontanément les honoraires.

Faire la preuve de la valeur ajoutée

La conclusion de l'étude est sans ambiguïté : l'enjeu n'est pas seulement de redorer l'image des agents immobiliers, mais de mieux faire correspondre ce qu'ils réalisent au quotidien avec ce que les particuliers perçoivent réellement. Les auteurs invitent ainsi les professionnels à rendre visible leur travail, à expliquer plus clairement leurs honoraires, à adopter davantage une posture de conseil qu'une logique de vente, à renforcer la transparence et la pédagogie tout au long de la relation client, et à s'appuyer sur des preuves concrètes – avis clients, témoignages ou exemples de situations résolues – pour démontrer leur valeur ajoutée.

Les 10 bonnes pratiques à l’usage des professionnels

Rendre visible le travail invisible

Rendre visible le travail invisible

Le travail invisible est au cœur du sentiment de manque de reconnaissance. Mais il ne suffit pas de dire qu’il existe : il faut le montrer.

Objectif : transformer le “je ne vois pas ce que vous faites” en “je comprends ce que vous m’apportez”

Bonne pratique

Remettre régulièrement au client un point d’étape simple

  • actions réalisées - contacts généréa - visites effectuées - retours acheteurs - ajustements recommandés - démarches administratives suivies - points de vigilance identifiés.

Justifier les honoraires par des preuves, pas par un discours

Justifier les honoraires par des preuves, pas par un discours

Les honoraires sont mieux acceptés lorsqu’ils sont reliés à des actions concrètes et à des risques évités.

Objectif : ne plus laisser les honoraires être perçus comme une simple commission d’intermédiation.

Bonne pratique

Présenter les honoraires comme un panier de services lisibles :

  • estimation argumentée - stratégie de mise en marché - qualification des acquéreurs - organisation des visites ; - négociation - coordination notaire / diagnostics / financement - sécurisation juridique - accompagnement jusqu’à la signature.

Adopter une posture de conseil plutôt que de vente

Adopter une posture de conseil plutôt que de vente

Le discours trop commercial est presque aussi problématique que les honoraires. Les particuliers attendent davantage d’objectivité.

Objectif : passer du vendeur qui pousse à décider au conseiller qui aide à arbitrer.

Bonne pratique

Intégrer systématiquement une partie “points forts / points faibles / points de vigilance” dans la présentation d’un bien ou d’un mandat.

  • Dire clairement les limites d’un bien ou d’un prix ne fragilise pas la relation : cela renforce la crédibilité.

Parler vrai sur les prix

Parler vrai sur les prix

Côté pros, la difficulté majeure est de faire accepter le bon prix aux vendeurs. Côté particuliers, l’honnêteté et la transparence sont des attentes prioritaires.

Objectif : éviter l’estimation de complaisance et installer une relation fondée sur la réalité du marché.

Bonne pratique

Bonne pratique : appuyer chaque estimation sur 

  • Comparables récents - dynamique locale - état du bien - performance énergétique - niveau de demande - délais moyens - marge de négociation probable

Réduire la pression ressentie

Réduire la pression ressentie

Une partie des particuliers reproche aux agents de pousser à la décision. Même lorsque l’urgence est réelle, elle peut être mal perçue si elle n’est pas expliquée.

Objectif : laisser le client se sentir acteur de sa décision.

Bonne pratique

Remplacer les formulations de pression par des formulations d’aide à la décision

  • Au lieu de : “Il faut vous décider vite.” Préférer : “Voici les éléments qui peuvent justifier une décision rapide, et voici les risques à attendre.”

Faire de la transparence un réflexe de relation client

Faire de la transparence un réflexe de relation client

La transparence est faiblement associée aux agents, alors qu’elle est très attendue.

Objectif : éviter les zones floues, qui nourrissent la défiance.

Bonne pratique

Expliquer simplement

  • Pourquoi un prix doit être ajusté - pourquoi un dossier acquéreur doit être vérifié - pourquoi une offre doit être sécurisée - pourquoi certains délais sont incompressibles - pourquoi un DPE ou un défaut technique peut peser sur la valeur.

Renforcer la pédagogie à chaque étape

Renforcer la pédagogie à chaque étape

Les particuliers pensent comprendre le métier, mais ils en voient surtout la partie visible. L’enjeu est donc de pédagogiser sans donner l’impression de se justifier.

Objectif : faire de l’agent un tiers qui éclaire, pas seulement un intermédiaire.

Bonne pratique

Expliquer simplement

  • Pourquoi un prix doit être ajusté - pourquoi un dossier acquéreur doit être vérifié - pourquoi une offre doit être sécurisée - pourquoi certains délais sont incompressibles - pourquoi un DPE ou un défaut technique peut peser sur la valeur.

Mieux gérer l’après-visite et l’après-contact

Mieux gérer l’après-visite et l’après-contact

Les irritants portent souvent sur le manque de suivi, les informations imprécises ou la communication insuffisante.

Objectif : transformer la réactivité en preuve de professionnalisme.

Bonne pratique

Systématiser les comptes rendus

  • Après chaque visite - après chaque offre - après chaque retour important - après chaque étape administrative.

  • Même un message court peut faire une grande différence dans la perception de sérieux.

Valoriser la sécurisation comme promesse centrale

Valoriser la sécurisation

Les particuliers qui choisissent l’agence le font pour éviter les erreurs et sécuriser une décision importante. C’est un axe beaucoup plus puissant que la seule promesse de gain de temps.

Objectif : repositionner l’agent comme protecteur du projet immobilier.

Bonne pratique

Construire le discours autour des risques évités

  • mauvais prix ; dossier non solvable ; vice ou défaut mal anticipé ; blocage administratif ; mauvaise négociation ; incompréhension juridique ; perte de temps avec des contacts non qualifiés.

Travailler la preuve sociale

Travailler la preuve sociale

La recommandation existe, mais elle reste prudente. Les avis et expériences clients peuvent aider à réduire l’incertitude.

Objectif : ne pas demander la confiance, mais la démontrer.

Bonne pratique

Expliquer simplement

  • Pourquoi un prix doit être ajusté - pourquoi un dossier acquéreur doit être vérifié - pourquoi une offre doit être sécurisée - pourquoi certains délais sont incompressibles - pourquoi un DPE ou un défaut technique peut peser sur la valeur.

A l'écoute du terrain : le Cercle de l'Immo – Avec Baudouin Masse-Baudet, Leboncoin Immo

L’agent immobilier face à l’IA conversationnelle - Olivier Buchy, leboncoin immo

JURIDIQUE

Ordre du jour en copropriete : ajout, modification et inscription d’une question a la demande d’un coproprietaire
Anne-Sandrine Di Girolamo
Anne-Sandrine Di GirolamoFondatrice
Anne-Sandrine Di Girolamo
Anne-Sandrine Di GirolamoFondatrice
Journaliste fondateur des Ondes de l’Immo.

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