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Sécheresses, vagues de chaleur, inondations, retrait-gonflement des argiles… Les effets du changement climatique fragilisent déjà une partie du parc immobilier. L’adaptation des bâtiments ne peut donc plus être envisagée comme une échéance lointaine, à l’horizon 2050.
Mais comment passer de la prise de conscience à l’action ? Quels risques faut-il traiter en priorité ? Et comment mesurer le coût de l’inaction pour mieux orienter les investissements ? La résilience climatique oblige toute la filière à repenser le bâtiment dans son environnement, en tenant compte de son territoire, de la biodiversité ou encore de la gestion de l’eau. Une approche globale qui reste encore difficile à mettre en œuvre.
Pour en parler, Les Ondes de l’Immo reçoivent Juliette Lefébure, directrice générale de l’Observatoire de l’Immobilier Durable. Elle revient sur les travaux menés par l’OID et sur les leviers dont disposent les professionnels pour préparer dès aujourd’hui le parc immobilier aux conséquences du changement climatique.
L'interview
L’IMMOBILIER FACE AUX TRANFORMATIONS CLIMATIQUES
Les activités immobilières contribuent aux pressions exercées sur l’environnement et sont exposées aux conséquences du changement climatique
50% des matières premières mondiales sont mobilisées par le secteur du bâtiment (Association Qualitel)
35% des consommations énergétiques des bâtiments reposent encore sur les énergies fossiles (ADEME)
12% de l’eau douce mondiale est consommée par la construction et l’exploitation des bâtiments (Agence internationale de l’énergie)
5,6 Md€
5,6 Md€ de dommages assurés liés aux évènements climatiques par an en France, en moyenne entre 2020 et 2024 (France Assureurs)
123 Mm2
123 Mm2 couverts par le Baromètre de la performance énergétique et environnementale de l’OID en 2025 (OID)
CE QUE MONTRENT LES DONNÉES DE PERFORMANCE ÉNERGÉTIQUE
Des chiffres
EN GUISE DE POINT D'ENTRÉE
Les indicateurs issus des travaux de l’OID permettent de suivre l’évolution des consommations sur plusieurs typologies d’actifs.
-0,7% : baisse de la consommation énergétiquendes bureaux à climat constant en 2025, contre –7,4 % en 2023.
+4,4% : hausse observée en 2025 pour le résidentiel.
+4,1% : hausse observée en 2025 pour la logistique.
x2 : rythme de baisse nécessaire pour atteindre les objectifs du décret tertiaire à horizon 2030 sur le parc de bureaux.
NB : Lecture
Ces chiffres ne résument pas l’ensemble des enjeux climatiques et environnementaux. Ils donnent un point d’entrée pour suivre l’état de la filière et documenter les évolutions en cours.
Pour allerSYNTHESEPlus loin
La résilience climatique appelle une approche systémique de l’immobilier
Atténuation, adaptation, biodiversité, eau, sols et sobriété sont étroitement liés. Leur prise en compte conjointe permet d’appréhender la performance environnementale, la pérennité du bâti et la qualité d’usage à l’échelle du cycle de vie et du territoire.
Les impacts du changement climatique sont déjà une réalité pour les bâtiments
Vagues de chaleur, innondations, sécheresses ou RGA ont des conséquences concrètes sur le parc : dégradation du confort d’usage, dommages aux équipements, interruptions d’activité ou contraintes sur certaines ressources. L’adaptation ne relève donc plus uniquement d’une projection à horizon 2050.
Mesurer le coût de l’inaction devient un enjeu pour orienter les décisions
Objectiver les pertes potentielles, les surcoûts futurs et les dépréciations évitables permet de mieux caractériser les risques, de comparer les options d’adaptation et de prioriser les investissements nécessaires.
La biodiversité et les Solutions fondées sur la Nature répondent à plusieurs enjeux simultanément
Préservation du vivant, gestion de l’eau, rafraîchissement urbain, qualité des sols ou cadre de vie : la biodiversité et les SfN permettent d’aborder conjointement plusieurs dimensions de la résilience climatique et renforcent les liens entre bâtiment et territoire.
L’eau devient un enjeu à part entière pour le secteur immobilier
Réduction des consommations, gestion des eaux pluviales, infliltration, réutilisation et prise en compte des tensions locales : les leviers sont identifiés et concernent aussi bien la conception que l’exploitation des bâtiments. Leur mise en œuvre implique également de raisonner au-delà de la parcelle, à l’échelle du territoire.
A retenir
La résilience se joue à plusieurs échelles
Un bâtiment peut agir sur ses consommations, ses équipements ou sa parcelle. Mais l’eau, la chaleur, la biodiversité ou les risques climatiques dépassent les limites d’un actif : ils impliquent aussi les territoires, les infrastructures et de nombreux acteurs publics et privés.










