Interview
La montée des territoires de villégiature
Le marché français de l'immobilier de prestige change de visage. Si Paris demeure une référence incontournable, elle ne concentre plus à elle seule les grandes dynamiques du secteur. Côte Atlantique, Côte d'Azur, Alpes, Bretagne ou Provence s'imposent désormais comme des territoires majeurs, portés par une clientèle en quête de qualité de vie, de biens d'exception et d'un patrimoine prêt à l'emploi.
Cette nouvelle géographie s'accompagne d'une évolution des attentes des acquéreurs, mais aussi de nouvelles interrogations liées au contexte économique et politique. Pour analyser ces transformations et les perspectives du marché, nous avons reçu Thomas Lefebvre, vice-président Data de Belles Demeures.
L'interview
L’étude annuelleBELLES DEMEURESEn bref
Paris reste le marché le plus valorisé de France, mais ce sont désormais les territoires de villégiature qui tirent la création de valeur
Des équilibres qui se déplacent
Le marché français de l'immobilier de prestige n'a jamais été aussi diversifié. Si Paris demeure une place incontournable, elle ne concentre plus à elle seule les principales dynamiques du secteur.
Selon l'étude dévoilée par Belles Demeures, la Côte Atlantique et la Côte d'Azur représentent désormais chacune 15 % de la valeur des transactions de prestige, devant Paris (14 %). Dix ans plus tôt, la capitale et sa région concentraient près d'un tiers du marché national ; elles en représentent aujourd'hui moins d'un quart. Cette évolution traduit l'émergence d'une nouvelle géographie résidentielle, où les territoires de villégiature occupent une place croissante.
L'analyse de
THOMAS LEFEBVRE
« Le prestige français reste profondément attaché à Paris, mais il ne se résume plus à Paris. Les territoires capables de combiner qualité de vie, attractivité résidentielle et rareté concentrent aujourd'hui une part croissante de la création de valeur immobilière. Cette évolution reflète les nouvelles aspirations des ménages les plus aisés et prolonge les grandes tendances observées sur l'ensemble du marché résidentiel depuis la crise sanitaire. » Thomas Lefebvre, vice-président Data Belles Demeures
La qualité de vie devient un moteur de valorisation
La redistribution géographique se retrouve également dans l'évolution des prix. Les plus fortes progressions sur dix ans sont enregistrées en Normandie (+49 %), en Provence (+49 %), sur la Côte Atlantique (+48 %), dans les Alpes (+45 %) et en Bretagne (+41 %). À l'inverse, Paris (+29 %) et la Côte d'Azur (+30 %), déjà fortement valorisées, affichent des hausses plus mesurées. L'étude y voit moins un recul des marchés historiques qu'un rattrapage des territoires offrant un équilibre entre qualité de vie, rareté et potentiel de valorisation.
La redistribution géographique se retrouve également dans l'évolution des prix. Les plus fortes progressions sur dix ans sont enregistrées en Normandie (+49 %), en Provence (+49 %), sur la Côte Atlantique (+48 %), dans les Alpes (+45 %) et en Bretagne (+41 %). À l'inverse, Paris (+29 %) et la Côte d'Azur (+30 %), déjà fortement valorisées, affichent des hausses plus mesurées. L'étude y voit moins un recul des marchés historiques qu'un rattrapage des territoires offrant un équilibre entre qualité de vie, rareté et potentiel de valorisation.
Un marché haut de gamme qui confirme sa résilience
Cette recomposition n'empêche pas le marché du prestige de poursuivre sa progression. Avec près de 40 000 transactions en 2025, soit une hausse de 10 % sur un an, le segment signe sa cinquième meilleure année de la décennie. Il représente désormais plus de 39 milliards d'euros de transactions, soit près de 17 % de la valeur du marché immobilier français. Une performance qui illustre la capacité du haut de gamme à traverser les cycles immobiliers, portée par une clientèle davantage guidée par des logiques patrimoniales que par les conditions de financement.
Les enjeux fiscaux et politiques prennent une place grandissante
Signe des temps, les attentes évoluent également....Les acheteurs d'immobilier de prestige recherchent avant tout des biens répondant à un véritable projet de vie, où la qualité du bien et de son environnement priment. Dans ce contexte, les enjeux fiscaux et politiques prennent une place grandissante. Ainsi, 31 % des acquéreurs interrogés déclarent qu'ils pourraient modifier leur projet immobilier selon le résultat de l'élection présidentielle de 2027, tandis que seuls 23 % estiment qu'une baisse des taux accélérerait leur acquisition. Pour Belles Demeures, le défi n'est donc plus de faire revenir les acheteurs, mais de proposer une offre à la hauteur d'une clientèle présente, solvable et particulièrement sélective.
Les acheteurs de prestige sont historiquement moins dépendants du crédit que le reste du marché. Aujourd'hui, l'enjeu n'est plus de faire revenir la demande mais de répondre aux attentes d'une clientèle particulièrement exigeante sur la qualité des biens. Dans ce contexte, les questions fiscales et la présidentielle de 2027 pourraient avoir davantage d'influence sur le marché du prestige que l'évolution des taux d'intérêt.
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