Avis d'expert
IA Act : attention danger !
Une partie importante de l’IA Act est entrée en vigueur le 2 août 2026. Pourtant, malgré des obligations nouvelles et des sanctions dissuasives, peu de professionnels de l’immobilier semblent avoir réellement adapté leurs pratiques. Transaction, gestion locative, copropriété : tous les métiers sont concernés dès lors qu’ils utilisent l’intelligence artificielle pour rédiger une annonce ou un bail, résumer des devis, préparer une convocation, créer un visuel ou échanger avec leurs clients par l’intermédiaire d’un chatbot.
Marquage des contenus générés par l’IA, signalement des images ou vidéos modifiées, information des utilisateurs, interdiction de certains systèmes, formation des collaborateurs… Les règles existent. Une vigilance particulière s’impose également pour les outils automatisés susceptibles d’être considérés comme à haut risque, ainsi que pour les professionnels qui développent leurs propres agents ou applications et pourraient alors être qualifiés de fournisseurs d’IA. Tour d’horizon des principaux changements et des précautions à prendre.
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L'immobilierIA ACTest concerné !
Les systèmes interdits
Il est interdit de faire appel à une IA pour qui utilise des techniques subliminales, qui exploite les vulnérabilités, qui réalise une classification sociale, qui prédit la commission d’infractions, qui utilise la reconnaissance faciale massive, qui utilise la biométrie ou qui évalue les émotions.
Le marquage des contenus IA
Depuis le 2 août 2026, toutes les IA insèrent un marquage invisible sur les contenus générés par l’IA, qu’il s’agisse de texte, d’images ou de vidéos. Ce marquage est indélébile et aisément détectable par le grand public.
Si un gestionnaire de copropriété fait un résumé ou une comparaison de devis ou rédige une convocation avec l’IA, les copropriétaires ou le conseil syndical pourront aisément le détecter.
Si un gestionnaire locatif rédige un bail avec l’IA, les clients le savent.
Si un conseiller immobilier rédige une annonce avec l’IA, le vendeur le saura. Et surtout, les réseaux sociaux le sauront également. Et ils pourront dégrader la visibilité des contenus IA. Et comme le marquage est indélébile, un « expert » sur les réseaux sociaux qui diffuse une analyse rédigée par l’IA sera aisément détecté par les lecteurs.
Les deepfakes
Les professionnels de l’immobilier ne se sentent pas concernés pas les deepfakes.
Pourtant, selon l'IA Act,un deepfake ou « hypertrucage » est une image ou un contenu audio ou vidéo généré ou manipulé par l’IA, présentant une ressemblance avec des personnes, des objets, DES LIEUX, des entités ou événements existants et pouvant être perçu à tort par une personne comme authentiques ou véridiques
Toute photo ou vidéo d’un bien ou d’un conseiller immobilier qui ne correspond pas à la réalité devra faire l’objet d’une information sur le fait que ce visuel a été généré par l’IA.
Un texte d’information du grand public, tel notamment qu’un post sur les réseaux sociaux ou une publication dans un magazine, devra lui aussi faire l’objet d’une information sur le fait qu’il a été généré ou modifié par l’IA.
Chatbots et systèmes à haut risque
Toute entreprise qui communique avec ses clients à l’aide d’un chatbot ou d’un agent conversationnel devra informer ses clients qu’ils échangent avec une IA.
En 2027 et 2028, les fournisseurs de systèmes à haut risque auront un grand nombre d’obligations pour prouver la conformité de leur système. Or, ça pourrait notamment le cas d’un outil automatisé de tri des candidatures à la location d’un logement, ou de gestion automatisée des impayés en copropriété.
Attention à la qualification de fournisseur d’IA !
De plus en plus, les professionnels de l’immobilier créent leur propre outil à l’aide du vibe coding ou de la création d’agents IA.
Or, dans ce cas, le professionnel n’est plus un simple déployeur d’IA mais un fournisseur d’IA, avec des obligations beaucoup plus importantes !
L’obligation de formation
L’IA Act est clair : toute personne qui utilise un système IA dans une entreprise devrait être formée à son utilisation et au respect de l’IA Act. C’est la responsabilité du professionnel de l’immobilier de se former et de former ses collaborateurs !
Aucun doute, les professionnels de l’immobilier doivent faire un inventaire de l’utilisation de l’IA dans leur entreprise, mettre en place les outils pour respecter la réglementation, et diffuser des directives claires à leurs collaborateurs pour s’assurer qu’ils respectent l’ensemble de ces obligations !
Sources
- RÈGLEMENT (UE) 2024/1689 DU PARLEMENT EUROPÉEN ET DU CONSEIL du 13 juin 2024 établissant des règles harmonisées concernant l’intelligence artificielle ((IA Act)
Olivier BEDDELEEM, « LA REGLEMENTATION DE L’INTELLIGENCE ARTIFICIELLE EN IMMOBILIER », Les Annales des loyers et de la propriété immobilière, septembre 2026










