Baromètre SeLoger – Meilleurs Agents
Après deux années de correction, le marché immobilier semble avoir retrouvé un certain équilibre. Les acheteurs reviennent progressivement, les prix cessent de reculer dans la plupart des territoires et plusieurs grandes métropoles renouent avec la hausse. Mais cette reprise reste fragile. La remontée des taux directeurs décidée par la Banque centrale européenne en juin rappelle que le marché demeure étroitement dépendant des conditions de financement.
Dans son baromètre de juillet, SeLoger et Meilleurs Agents dressent le portrait d'un marché à plusieurs vitesses, où les dynamiques locales prennent le pas sur les tendances nationales. Entre reprise des prix, disparités géographiques et incertitudes sur le crédit, la seconde moitié de l'année s'annonce décisive.
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À l'échelle nationale, les prix restent quasiment stables (+0,1 % depuis janvier), confirmant que la phase de correction ouverte en 2022 semble désormais terminée. Pour autant, cette moyenne masque des réalités très différentes selon les territoires.
Les zones rurales demeurent les grandes gagnantes du semestre avec une progression de +6,1 %, tandis que Paris confirme son redressement (+0,5 %) et que Nantes poursuit son rebond (+3,5 %). Rennes (+2,6 %), Marseille (+2,7 %) et Lyon (+2,1 %) affichent également une dynamique positive. À l'inverse, Bordeaux (-2,5 %), Nice (-0,9 %) ou encore Lille (-0,6 %) poursuivent leur ajustement.
Pour Thomas Lefebvre, vice-président Data de SeLoger et Meilleurs Agents, cette situation traduit un marché qui avance, mais sans véritable accélération. Le baromètre souligne qu'« au terme du premier semestre 2026, le marché immobilier français confirme qu'il est sorti de la phase de correction engagée en 2022. (...) Mais cette dynamique apparaît sensiblement moins marquée qu'en 2024 et en 2025. Ce ralentissement illustre un marché qui peine encore à enclencher un véritable nouveau cycle haussier. »
Le crédit redeviendra-t-il la clé de lecture du marché ?
Si les prix semblent désormais trouver un point d'équilibre, le sujet des prochains mois pourrait être celui du financement. Le relèvement des taux de la BCE en juin a ravivé les interrogations sur le coût du crédit immobilier. Les taux pourraient ainsi converger vers 4 % d'ici la fin de l'année.
Pour autant, SeLoger - Meilleurs Agents invite à relativiser. « Oui, les taux de crédit pourraient converger vers 4 %. Mais la situation des ménages n'est pas celle de 2022 ou 2023. Les prix ont baissé dans de nombreux marchés depuis 2022, les revenus ont progressé, et les banques restent en recherche de dossiers à financer. » Et de rappeller également qu'une hausse de 3,5 % à 4 % représente environ 25 euros de mensualité supplémentaire pour 100 000 euros empruntés, une contrainte réelle mais sans commune mesure avec le choc subi lors de la remontée brutale des taux entre 2022 et 2023. Cette volonté des banques de continuer à financer les ménages constitue même l'un des principaux soutiens du marché. La production de nouveaux crédits progresse encore et les établissements multiplient les offres commerciales pour attirer de nouveaux emprunteurs. Une fin d'année sous le signe de la prudence ?
Quel scénario pour la fin de l’année 2026 ?
Pour les prochains mois, SeLoger et Meilleurs Agents privilégient un scénario de stabilité. Les prix devraient rester globalement inchangés jusqu'à la fin de l'année, sans véritable emballement du marché. Les acquéreurs ayant déjà engagé leur projet auraient intérêt à le concrétiser avant une éventuelle nouvelle remontée des taux, tandis que ceux qui hésitent disposent encore d'un marché offrant davantage de choix et des vendeurs plus enclins à négocier.
Pour Thomas Lefebvre, le véritable moteur de la reprise ne sera finalement ni le niveau des prix ni celui des taux, mais la confiance. « Le marché immobilier français aborde la deuxième moitié de 2026 dans une situation paradoxale : les opportunités d'achat demeurent réelles pour les ménages solvables, mais les incertitudes se renforcent. (...) Plus que jamais, la confiance des ménages, et la stabilité de l'environnement économique seront les véritables moteurs d'une reprise durable. »
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