La dernière Tendance du marché publiée par Immonot, sous la direction du professeur Bernard Thion, confirme le ralentissement observé cet été. Entre juin et août 2026, 49 % des notaires interrogés ont constaté une baisse de leur activité. Et pour l’automne, peu d’entre eux misent sur un réel redémarrage.
Après des mois de mai et juin plutôt encourageants, le marché immobilier a marqué le pas durant l’été. Les candidats à l’achat se font moins nombreux : seuls 16 % des offices notariaux observent encore une reprise des transactions. Les acquéreurs présents ne renoncent pas forcément à leur projet, mais ils prennent davantage leur temps et se montrent beaucoup plus exigeants sur l’état du bien comme sur son prix.
Dans ces conditions, les logements correctement évalués conservent leurs chances de trouver preneur. Les autres, notamment ceux qui nécessitent des travaux, affichent un DPE médiocre ou restent proposés à un prix trop élevé, peinent davantage à se vendre. Pour l’automne, les notaires s’attendent surtout à une stabilisation des prix et des volumes. La remontée des taux pourrait toutefois freiner encore les projets. Signe de cette prudence : 88 % des professionnels recommandent désormais de vendre avant d’acheter.
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Une activité immobilière en recul durant l’été
L’été 2026 n’a pas permis au marché immobilier de renouer franchement avec les acheteurs. Selon l’enquête réalisée en août par Immonot auprès d’un panel de notaires et de négociateurs répartis dans toute la France, 49 % des professionnels interrogés constatent une baisse d’activité sur la période de juin à août. Trois mois auparavant, ils étaient encore 26 % à observer une dynamique positive. Ils ne sont désormais plus que 16 %.
Les événements climatiques de l’été, marqués par les canicules, les incendies et les orages, ont pu conduire certains ménages à reporter leur projet, toujours selon Immonot. Le contexte géopolitique et la hausse du prix du pétrole ont également nourri les inquiétudes. Valérie Malon, négociatrice au sein de l’étude Malon et Cherrier-Touchain dans le Loiret, décrit ainsi une situation « très morose », caractérisée par « peu de demandes de visites ».
Un autre professionnel interrogé confirme ce changement d’ambiance : « Après de bons mois de mai et juin, juillet a fait place à une baisse significative des demandes. Les acquéreurs, beaucoup moins nombreux mais sérieux, se montrent néanmoins très pointilleux. » Pour les trois prochains mois, 56 % des notaires prévoient une stabilité des transactions, tandis que 37 % anticipent une nouvelle baisse. Seuls 7 % envisagent une progression des volumes. Quelques segments continuent cependant de résister. Sébastien Gaska, négociateur chez ACP Notaires à Beaumont-sur-Sarthe, relève notamment « une activité dynamique chez les primo-accédants, et pour les biens attractifs en termes de prix ».
88 % des notaires interrogés recommandent de vendre avant d’acheter
Des vendeurs contraints d’ajuster leurs prix
Face à des acheteurs plus rares et plus exigeants, les vendeurs semblent désormais avoir intégré la nécessité de revoir leurs prétentions. Au total, 60 % des notaires interrogés constatent une baisse des prix, contre 52 % au printemps. Les indicateurs publiés par Immonot font toutefois apparaître des évolutions différentes selon les types de biens. Entre début mars et fin juin 2026, le prix médian des maisons proposées sur le site, établi à 200 000 euros, a reculé de 1,26 %. Celui des appartements, qui atteint 2 730 euros le mètre carré, a au contraire progressé de 1,98 %.
Dans ce marché ralenti, les caractéristiques du logement et la cohérence de son prix font clairement la différence. « Les produits bien placés, en bon état et correctement évalués trouvent encore acquéreurs. En revanche, les biens avec travaux, DPE médiocre, charges importantes, absence d’extérieur ou prix trop ambitieux peuvent rester longtemps sur le marché », observe Florence Barbou, négociatrice au sein de la Selas Jonquet, Chaton et de Clarens-Jonquet à Troyes.
Pour l’automne, 54 % des notaires interrogés prévoient une stabilisation des prix, contre 44 % au printemps. Les 46 % restants anticipent une baisse, aucun ne misant sur une hausse. Dans ces conditions, tester le marché avec un prix volontairement surévalué apparaît particulièrement risqué. « Un tarif trop haut au départ risque davantage de faire vieillir l’annonce que de provoquer une négociation », prévient Florence Barbou. Du côté des terrains, les perspectives sont légèrement plus favorables : 66 % des professionnels tablent sur une stabilité des prix et 34 % sur une baisse.
La prudence s’impose face à la remontée des taux
Les notaires invitent très largement les porteurs de projet à sécuriser leur situation avant de se repositionner sur le marché. Ainsi, 88 % leur conseillent de vendre leur bien avant d’en acheter un autre. Seulement 5 % recommandent d’acheter en premier, tandis que 7 % privilégient l’attente.
Les conditions de financement pourraient encore renforcer cette prudence. La Tendance du marché d’Immonot mentionne un taux moyen de crédit de 3,30 %, selon l’Observatoire Crédit Logement/CSA, et évoque la possibilité d’un taux atteignant 4 % d’ici à la fin de l’année. Une telle évolution risquerait de freiner davantage les transactions. Les professionnels restent également attentifs aux décisions de la Banque centrale européenne, qui pourrait procéder à une nouvelle hausse de ses taux directeurs dans un contexte d’inflation encore proche de 3 % dans la zone euro.
Malgré ce climat incertain, François-Xavier Duny, président du Groupe Notariat Services, appelle à ne pas tirer de conclusions trop définitives de ce ralentissement : « Ce “coup de froid” estival ne doit pas masquer les fondamentaux solides du marché immobilier. Le rôle du notaire reste central, et les Français ont besoin de repères clairs, de données fiables et d’un accompagnement de proximité pour concrétiser leurs projets. »










