Une enquête menée auprès de 3 386 bailleurs par l’Observatoire Français de la Location Meublée décrit les occupants des meublés d’habitation et les choix auxquels leurs propriétaires pourraient être confrontés si les règles, notamment fiscales, évoluaient.
Un étudiant qui arrive dans une nouvelle ville. Un salarié qui débute son premier emploi. Une personne qui doit se reloger après une séparation. Pour eux, disposer d’un logement déjà équipé peut répondre à un besoin immédiat et moins onéreux. C’est l’un des enseignements de l’Observatoire Français de la Location Meublée. Son enquête, menée en ligne entre mars et juillet 2026, auprès de 3386 propriétaires bailleurs, porte sur 5 077 logements dont 3 430 sont des meublés d’habitation (soit 67,6%).
Les réponses recueillies montrent des usages qui varient selon les étapes de la vie. Elles éclairent aussi les motivations des propriétaires interrogés ainsi que leurs réactions possibles face à un changement de réglementation ou de fiscalité.
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L’enquête montre à quel point les meublés d’habitation accompagnent les changements de vie. Les étudiants et les personnes en formation représentent 39,8 % des occupants, devant les actifs en emploi, souvent en début de parcours (22,5 %), et les personnes en mobilité professionnelle (15,6 %). S’y ajoutent celles qui traversent une situation transitoire ou d’urgence (3,8 %). Ces parcours se retrouvent dans les logements occupés : le studio accueille surtout des étudiants, le T2 davantage de jeunes actifs, tandis que le T3 peut répondre aux besoins d’une famille ou d’une personne qui doit se reloger. Pour ceux qui s’installent sans savoir combien de temps ils resteront, disposer d’un logement déjà équipé simplifie l’arrivée.
Le meublé n’est pas seulement un produit patrimonial ou fiscal, il répond à des besoins très concrets : étudiants, jeunes actifs, mobilité professionnelle, séparation, accidents de vie. Le meublé d’habitation est donc le logement logement de l' entre-deux : entre les études et le premier contrat, entre l' arrivée dans une ville et l'achat, entre la séparation et le relogement.”
Que feraient les bailleurs si les règles changeaient ?
L’enquête montre que 84 % des bailleurs interrogés détiennent un ou deux logements meublés. Parmi les propriétaires possédant un seul bien locatif, 55,8 % citent le complément de revenus pour la retraite comme motivation principale ; cette proportion atteint 65,1 % chez ceux qui détiennent plusieurs biens. Une évolution significative de la réglementation ou de la fiscalité pourrait toutefois modifier leurs choix. Sur 2 364 répondants louant en meublé d’habitation, 21,6 % déclarent qu’ils vendraient leur bien, 10,6 % qu’ils le loueraient vide et 11 % qu’ils poursuivraient la location meublée. La réponse la plus fréquente reste l’attente : 40,2 % préféreraient voir comment la situation évolue. Ces intentions ne préjugent pas de leurs décisions futures, mais elles montrent combien le cadre applicable pèse dans leurs arbitrages.
C'est à noter
1 bailleur sur 3 envisagerait de sortir du meublé en cas d'évolution significative de la réglementation ou de la fiscalité et seulement 1 sur 10 poursuivrait.
Pourquoi choisissent-ils le saisonnier ?
Chez les mono-investisseurs possédant un bien saisonnier, la souplesse de gestion (pouvoir arrêter ou reprendre le bien à tout moment) arrive largement en tête des motivations, devant le rendement locatif.
Souplesse de gestion
Chez les mono-investisseurs possédant un bien saisonnier, la souplesse de gestion (pouvoir arrêter ou reprendre le bien à tout moment) arrive largement en tête des motivations (45,1 %)
Rendement locatif
Chez les mono-investisseurs possédant un bien saisonnier, la souplesse de gestion (pouvoir arrêter ou reprendre le bien à tout moment) arrive largement en tête des motivations, devant le rendement locatif (Contribuer au financement de sa résidence : 23,1 %)
Des propriétaires loin du portrait du gros investisseur
Avant de se demander comment les bailleurs réagiraient s’ils étaient confrontés à une évolution des règles, il faut regarder qui ils sont. Dans l’enquête, 5 % louent leur résidence principale ou secondaire en saisonnier sans posséder d’autre bien locatif. Parmi les autres, 39 % n’ont qu’un seul bien destiné à la location et 55 % en possèdent plusieurs. Mais « plusieurs » ne signifie pas nécessairement un patrimoine important : 84 % des bailleurs interrogés détiennent un ou deux logements meublés, et seuls 9,7 % possèdent cinq biens locatifs ou plus. On est donc loin de l’image du gros investisseur et beaucoup plus proche du propriétaire petit porteur dont la motivation la plus souvent citée est le complément de revenus pour la retraite : 55,8 % des mono-investisseurs et 65,1 % des multipropriétaires citent le complément de revenus pour la retraite comme motivation principale. La transmission arrive en deuxième position parmi les motifs exprimés librement.
Une photographie essentielle pour mieux comprendre leurs réponses à la question d’un changement significatif de réglementation ou de fiscalité. Parmi les 2 364 bailleurs de meublés d’habitation qui se sont exprimés, 21,6 % déclarent qu’ils vendraient leur bien et 10,6 % qu’ils passeraient à la location nue. Seuls 11 % poursuivraient en meublé. Mais la majorité ne tranche pas : 40,2 % attendraient d’y voir plus clair et 16,6 % ne savent pas ce qu’ils feraient. Pour ces petits propriétaires, une évolution des règles pourrait donc peser sur la décision de continuer à louer en meublé, même si la plupart attendent encore d’en connaître les contours.
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