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Squat : comment mieux protéger les propriétaires ?

Interview du Président de l'UNPI

L’UNPI et VERISURE ont organisé une conférence de presse commune sur la question difficile du squat qui inquiète de plus en plus les propriétaires dont on rappelle que 15% d’entre eux ont déjà été confrontés indirectement ou directement à une situation de squat. Un chiffre donné par l’enquête exclusive menée pour Verisure par Ipsos.

Du côté de l’UNPI, des propositions ont été formulées par Sylvain Grataloup, Président de cette association historique de défense des propriétaires. Il est venu à notre micro les présenter.

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Une inquiétude grandissante chez les propriétaires français

Une bonne connaissance du risque

92% des propriétaires connaissent bien le phénomène du squat. Pourtant, 80 % d’entre eux jugent improbable d’en être victimes, alors que 15 % y ont déjà été confrontés directement ou indirectement. Ce paradoxe révèle une forme de naïveté face à un phénomène qui peut survenir à tout moment, notamment pendant les périodes de vacances.

70% des sondés déclarent néanmoins un niveau d’inquiétude (de faible à élevée) face à cette possibilité.

Et une inquiétude certaine

70% des propriétaires déclarent une inquiétude certaine face à l’idée de subir un squat, un sentiment partagé par 28 % des plus jeunes(25-34 ans), qui se sentent particulièrement préoccupés. En Île-de-France, la probabilité perçue est presque deux fois plus élevée que la moyenne nationale.

Squat de piscine : le nouveau phénomène.

59% ont entendu parler du « squat de piscines », mais seuls 4 % en ont fait l’expérience directe ou indirecte.

Réagir ... Les bons réflexes sont-ils connus ?

L’étude révèle que 7 propriétaires sur 10 ne connaissent pas le délai légal de flagrance (48h) permettant d’expulser rapidement les squatteurs. Cette méconnaissance fragilise leur position et peut rendre les procédures beaucoup plus longues et complexes. En cas de squat, la majorité des propriétaires (53 %) appellerait la police, mais près d’un quart (24 %) envisagerait d’agir seul (une erreur juridique qui peut se retourner contre eux). Les femmes déclarent plus souvent vouloir contacter la police, tandis que les hommes sont plus enclins à tenter une expulsion eux-mêmes.

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Une inquiétude croissante chez les propriétaires

Longtemps perçu comme marginal, le squat suscite aujourd’hui une inquiétude croissante chez les propriétaires. Selon le ministère de l’Intérieur, la France aurait enregistré entre 6 000 et 7 000 cas de squats, un phénomène qui alimente un sentiment d’insécurité largement documenté par une étude exclusive menée par Verisure en partenariat avec Ipsos. Réalisée auprès de 1 000 propriétaires, cette enquête met au jour une situation frappante : 92 % des propriétaires savent précisément ce qu’est un squat, mais 80 % jugent improbable que leur propre bien puisse être concerné, alors même que 15 % y ont déjà été confrontés directement ou indirectement.

Une méconnaissance préoccupante des recours légaux

L’étude met également en lumière une méconnaissance préoccupante des recours légaux. Ainsi, 7 propriétaires sur 10 ignorent l’existence du délai de flagrance de 48 heures, qui permet d’activer une procédure administrative accélérée d’expulsion. En cas de squat, 53 % déclarent qu’ils appelleraient la police, mais près d’un quart envisagerait encore d’agir seul, une démarche pourtant illégale et passible de sanctions pénales. Pour Verisure, ces résultats traduisent un décalage persistant entre la perception du risque, la réalité juridique et les bons réflexes à adopter face à une occupation illégale.

Des leviers d'actions entre réforme juridique et prévention

Sur le terrain du droit, ce constat est largement partagé par l’Union nationale des propriétaires immobiliers (UNPI). Si la loi Kasbarian-Bergé de 2023 a renforcé les sanctions et les procédures, l’UNPI estime que le cadre actuel demeure insuffisamment protecteur du droit de propriété. Elle formule plusieurs propositions, parmi lesquelles le renversement de la charge de la preuve, afin que ce soit au squatteur de démontrer l’existence d’un titre, l’automatisation de l’expulsion administrative, ou encore la création d’un droit à indemnisation du propriétaire en cas d’inaction de l’État. L’UNPI appelle également à empêcher toute action en responsabilité engagée par un squatteur contre le propriétaire.

Pour Verisure, la prévention reste un levier essentiel face à un phénomène qui peut survenir à tout moment, notamment lors d’absences prolongées. L’entreprise insiste sur l’importance de mieux informer les propriétaires sur leurs droits et les procédures existantes, mais aussi de sécuriser les logements. Un bien correctement protégé, paraissant occupé et surveillé grâce à des solutions d’alarme et de télésurveillance, constitue l’un des moyens les plus efficaces pour dissuader les intrusions illégales et réduire le risque de squat, souligne Verisure à la lumière des enseignements de l’étude Ipsos.

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Mieux protéger les propriétaires
LES PROPOSITIONS DE L'UNPI

  • Renversement de la charge de la preuve : La loi Kasbarian-Bergé de 2023 impose à la victime de démontrer l’existence « de manœuvres, de menaces, de voies de fait ou de contrainte » de la part du squatteur. L’UNPI réclame que ce soit à la personne poursuivie de démontrer qu’elle est en possession d’un titre. 
  • Mieux encadrer certains cas de squat : Certains cas (par exemple l’occupation après réservation sur une plateforme proposant des meublés touristiques) échappent encore à une qualification claire de « squat », ce qui pose des difficultés pratiques d’application de la loi.
  • Rendre l’expulsion administrative automatique : Aujourd’hui, le préfet prend sa décision « après considération de la situation personnelle et familiale de l’occupant ». Des préfets peuvent se servir de cette condition ouverte pour refuser de mettre en demeure des squatteurs alors qu’un propriétaire ou son locataire a besoin de récupérer urgemment son logement.
  • Empêcher toute action en responsabilité du squatteur à l’encontre du propriétaire. Dans le droit actuel, un squatteur peut engager une action contre le propriétaire pour défaut d’entretien ou en cas d’accident.
  • Créer un droit automatique à indemnisation du propriétaire en responsabilisant l’État financièrement en cas d’inaction lorsqu’il ne procède pas à l’évacuation dans les délais légaux.
Lire aussi : Logement neuf : l’effet domino est en marche

Sources des chiffres mentionnés dans cet article

Enquête réalisée en ligne par Ipsos Digital pour Verisure du 16 au 20 mai 2025 sur un échantillon national représentatif de 1 000 propriétaires, âgés de 25 à 75 ans.

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Journaliste fondateur des Ondes de l’Immo.

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